Les premiers navires bananiers français

Après avoir utilisé des paquebots rapides dotés de simples compartiments frigorifiques, la France va constituer une flotte de navires bananiers. Ceux-ci disposent de cales maintenues à une température de + 12°.

Le Fort Richepanse est long de 122 m, large de 15 m et peut transporter 4 100 tonnes.

Ouverture d’une ligne entre les Antilles et l’Hexagone en 1933

Les premiers transports de bananes d’Afrique (Guinée) par navires spécialisés sont réalisés en 1928. La Compagnie générale Transatlantique s’interroge alors sur les Antilles. Faut-il créer une ligne dédiée au transport de la timide production de bananes antillaise ? Or, si la Transat ne propose pas aux planteurs un outil de transport adapté, la compagnie risque de perdre un marché susceptible d’importants développements. Cela ne manquerait pas de compromettre sa position dans la desserte des Antilles. La Transat se décide donc à ouvrir en 1933 une ligne bananière reliant les Antilles à la France. Elle va créer à cet effet une véritable flotte de navires bananiers.

Des navires bananiers d’occasion

En 1932, la Transat recourt d’abord à la location de navires. Le premier est le norvégien Cadmus loué pour cinq voyages, puis le danois Ulla pour douze voyages.

Après ces essais, la compagnie se dote d’une flotte bananière en propre. Mais faute de moyens financiers, l’activité débute avec des bananiers d’occasion. Le navire anglais Anatolian, d’une capacité de transport (tonnes de port en lourd – tpl) de 2 600 tonnes, est acheté en janvier 1933 et devient le Grande Terre. A la fin de l’année, le norvégien Donator (2 200 tpl), renommé Petite Terre, le rejoint ainsi qu’en janvier 1934, le danois Else (2 360 tpl) rebaptisé Basse Terre. En novembre et décembre 1934, les navires danois Helga et Ninna (2 145 tpl) deviennent Caravelle et Martinique. L’année suivante, la flotte s’agrandit avec les Caraïbe et Marigot (2 300 tpl), ainsi que le danois Dora (2 600 tpl) devenu le Guyane. En 1936, les Fort de France, Fort Richepanse et Fort Royal (3 000 tpl) intègrent à leur tour la flotte française. La Transat achète un douzième bananier, en 1937, sous le nom de Guadeloupe (4 270 tpl).

Arrivée du bananier Fort-de-France à Dieppe dans les années 30.

Les premiers bateaux neufs

Les premiers navires neufs, Esterel (2 800 tpl), Quercy (2 571 tpl), Barfleur (2 464 tpl) et Maurienne (2 439 tpl) entrent en service en 1937 et 1938. Leur arrivée permet de vendre les cinq premiers bananiers acquis entre 1933 et 1935. En octobre 1938, le Charles Plumier (2 386 tpl) rejoint la flotte.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la Transat possède douze bananiers. La guerre va les mettre à l’épreuve, cependant neuf vont survivre au conflit.

navires bananiers
Navire bananier Charles Plumier

Les navires bananiers des années 50 et 60

Les navires rescapés sont progressivement remis en service entre 1946 et 1950. Afin de remplacer ses pertes de guerre et ses unités les plus anciennes, la Transat achète en 1949 et 1950 les Fort Duquesne et Fort Saint Louis. Elle réceptionne trois navires neufs de 4 000 tpl, les Fort Richepanse et Fort Dauphin livrés en 1949. La mise en service du Fort Richelieu débute en 1952.

De 1953 à 1962 s’étale la construction d’une série de onze navires bananiers presque semblables d’environ 3 200 tpl. Ils portent le noms de Fort Desaix, Fort Carillon, Fort Royal, Fort Caroline, Fort Saint Pierre, Fort Frontenac, Fort Niagara, Fort de France, Fort Fleur d’Epée, Fort d’Orléans et Fort Crèvecoeur. Leur mise en service entraîne la vente des derniers rescapés de la guerre, les Barfleur et Quercy.

Grâce à cette flotte, le tonnage de bananes embarqué aux Antilles augmente régulièrement : 77 000 tonnes en 1948, 183 000 tonnes en 1958. Cependant, sa capacité dépasse les seuls besoins de transport des bananes des Antilles. La Transat s’intéresse donc à d’autres marchés. C’est pourquoi elle utilise ses navires pour acheminer des bananes en provenance d’autres pays (Colombie, Equateur). Enfin elle frète ses bananiers de façon occasionnelle à d’autres armateurs.

 

Pour en savoir plus sur les navires de la Transat, rendez-vous sur le site de French Lines & Compagnies.

Le Fort-Royal est long de 115 m, large de 15 m et peut transporter 3 300 tonnes.

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