Les polythermes : un transport moderne pour les bananes

Dans les années 60, les bananes antillaises sont transportées sur des navires polythermes. Dotés de températures positives et négatives, les polythermes permettent de diversifier les types de marchandises transportées. Ils rentabilisent mieux les trajets à l’aller et au retour.

Polytherme Fort Joséphine
Le polytherme Fort Joséphine au port de Dieppe © Editions Estel

Les polythermes permettent de transporter des marchandises variées

Pendant plusieurs décennies, les navires bananiers traditionnels dotés de cales réfrigérées ont transporté la banane des Antilles vers l’Hexagone. Cependant, au retour, ils voyageaient quasiment à vide, n’étant pas adaptés pour d’autres types de marchandises.

À partir de 1964, une nouvelle génération de bateaux les remplacent : les polythermes. La Compagnie Transatlantique met ainsi en service deux navires : Fort Joséphine et Fort Trinité. Il ne s’agit plus de simples bananiers dont les cales sont maintenues à une température de + 12°C quand ils transportent des bananes, mais de navires polythermes, dotés de tranches frigorifiques de – 10° à + 12°. Ils peuvent donc transporter d’autres marchandises, comme la viande. D’un port en lourd de 4 700 tonnes, ces deux navires se propulsent à plus de 18 nœuds.

Nouvelle étape en 1969 avec la livraison des Fort La Reine et Fort Pontchartrain, véritables géants avec leur capacité de 12 200 m3 et un port en lourd de 8 700 tonnes. L’éventail des températures possibles à leur bord est de – 25° à + 12°. Sur le voyage de retour, en direction des Antilles, ils voyagent, chargés essentiellement des voitures. C’est un progrès par rapport aux bananiers traditionnels mais le fret retour n’atteint pas encore l’optimisation.

Les Pointes

Les trois premières « Pointes », Pointe Allègre, Pointe des Colibris et Pointe Marin vont franchir une étape supplémentaire dans la polyvalence. Les chantiers de La Seyne les livrent en 1969 et 1970. Leur port en lourd s’élève à 8 800 tonnes et la capacité de leurs deux cales frigorifiques atteint 8 300 m3  (huit compartiments indépendants de – 25° à + 12°) sur un volume total de 14 300 m3. Ces navires disposent de cuves à rhum (2 800 hectolitres). Ils possèdent des portes latérales pour le fret palettisé, peuvent charger 104 conteneurs de 30 m3 et disposent d’une puissance de levage jusqu’à 30 tonnes. Deux moteurs leur font atteindre une vitesse de 20,5 nœuds. Grâce à cette conception très polyvalente, ils transportent les marchandises les plus diverses à destination des Antilles, permettant enfin de rentabiliser le trajet retour.

La seconde vague des « Pointes », Pointe Sans Souci, Pointe Madame et Pointe La Rose, sortie en 1973 et 1974 des chantiers Dubigeon-Normandie, de Nantes, constitue un perfectionnement des précédentes. Leur port en lourd est de 8 600 tonnes. Elles disposent de trois cales frigorifiques d’un volume total de 10 800 m3 sur une capacité globale de 15 100 m3. Elles sont également dotées de cuves à rhum (2 800 hectolitres) et peuvent embarquer 144 conteneurs de 30 m3. On trouve également à bord une grue de 35 tonnes et un garage pour 100 voitures. Ces « Super Pointes » sont capables d’une vitesse de 20,5 nœuds.

polythermes
Navire polytherme polyvalent Pointe Sans Souci @ Musée portuaire de Dunkerque

Le progrès représenté par les onze polythermes est indéniable. Cependant, ces navires se verront rapidement concurrencés à partir de 1979 par une nouvelle génération de bateau que sont les porte-conteneurs.

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