Une filière unie au sein de l’UGPBAN

De longues décennies ont été nécessaires à la filière antillaise pour se structurer. Ce processus trouve son aboutissement avec la création de l’UGPBAN.

Bananeraie avec vue sur la Soufrière, Guadeloupe @UGPBAN

Les premières tentatives de regroupement

Dès les années trente, quand la culture de la banane antillaise se développe, l’État encourage les maillons de la filière (producteurs, exportateurs, importateurs, mûrisseurs) à se rassembler au sein d’interprofessions et de groupements professionnels. La solidarité naturelle du mouvement coopératif doit permettre de concilier les différents intérêts. En effet, seule la bonne entente peut imposer la banane coloniale sur le marché face à la concurrence de la banane étrangère qui bénéfice, elle, d’une logistique maîtrisée.

Le premier groupement de producteurs est créé en Guadeloupe et représente 60 % de la production. Il s’agit du Groupement Bananier de la Guadeloupe (GBG). En 1960, la Martinique se dote à son tour d’un groupement de producteurs, la SICABAM, qui réunit planteurs et exportateurs.

Les groupements de producteurs mutualisent un certain nombre d’actions et d’équipements : achats des produits nécessaires à la culture de la banane (produits phytosanitaires, cartons, etc.), répartition des recettes, construction et entretien des centres d’empotage, contrat de fret. L’autre intérêt de ces coopératives repose sur la défense du dossier de la banane auprès des instances locales et nationales.

Cependant, au sein des groupements, de nombreux conflits d’intérêts voient le jour entre petits et gros producteurs, et entre producteurs et exportateurs. Cela aboutit à la scission des groupements. Dans les années 1990, il y a quatre groupements en Martinique et deux en Guadeloupe. La présence de six groupements conduit à la démultiplication des coûts de production. Divisé, le secteur antillais a les plus grandes difficultés à se faire entendre des autorités.

La filière en péril

A l’orée des années 2000, les planteurs, déjà fragilisés par les destructions commises par plusieurs cyclones en 1998, doivent affronter d’autres épreuves. L’augmentation continue des salaires déprécie la compétitivité de la banane antillaise face à ses concurrentes américaines et africaines. De plus, le régime d’aide européen de la banane, mise en place dans le cadre du marché unique, se révèle peu favorable aux producteurs antillais. Résultat : la filière antillaise traverse une crise financière grave. En 2003, la profession est au bord du gouffre et risque de disparaître.

Sur la voie de l’unification

Conscients du péril imminent, les groupements martiniquais (Sicabam, Gipam, Cobamar, Banalliance) se réunissent afin de trouver une issue de secours commune. De cette concertation, découle, le 4 juillet 2003, la création de l’Union des groupements de producteurs de Martinique (UNIBAN). Cette nouvelle structure doit répondre aux principales difficultés des planteurs. Afin de diminuer les coûts de production et de renforcer la banane antillaise sur le marché français, l’UNIBAN centralise désormais la commercialisation et organise la logistique selon une procédure commune. La dernière mission de l’UNIBAN consiste à représenter les groupements martiniquais auprès des instances nationales et européennes.

Devant les premiers succès de l’UNIBAN, le processus d’unification s’enchaîne rapidement. En 2004, les deux principaux groupements martiniquais se réunissent au sein de Banamart. Le groupement Banalliance reste indépendant. Les producteurs guadeloupéens emboîtent le pas à leurs collègues martiniquais. En 2005, les groupements guadeloupéens Karubana et Banagua deviennent Les Producteurs de Guadeloupe (LPG).

Les conditions sont alors réunies pour intensifier le rapprochement entre producteurs de Guadeloupe et de Martinique. Ainsi, quelques mois plus tard, la Guadeloupe rejoint la Martinique au sein de l’UNIBAN devenue, le 16 janvier 2006, l’Union des groupements de producteurs de bananes (UGPBAN). C’est la première fois que les deux îles, sœurs et pourtant historiquement rivales, s’unissent de la sorte. En 2010, l’unification est totalement achevée lorsque Banamart fusionne avec Banalliance. Désormais, il existe, dans chaque île, une seule organisation de producteurs dont les actions logistiques et commerciales sont regroupées au sein de l’UGPBAN.

Forte de cette union, la filière antillaise dispose enfin des moyens d’agir. L’UGPBAN va œuvrer pour améliorer les revenus des planteurs et sortir la filière de la crise financière.

UGPBAN

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