Du régime au carton de bananes

Dans les années 60, une véritable révolution a vu le jour dans le monde de la banane. C’est l’abandon de l’emballage du régime entier au profit du carton.

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Conditionner un fruit fragile

La banane se caractérise par sa grande fragilité. Elle est sensible aux chocs, aux variations de température et sa durée de vie est limitée dès que le processus de mûrissage a commencé. Elle exige donc une évacuation rapide dans les meilleures conditions.

Jusqu’en 1960, la banane est transportée en régimes entiers. Ceux-ci sont découpés et conditionnés dans les mûrisseries de métropole.

Le passage au carton

Quelques essais sont effectués dès 1910 où les fruits sont dépattés pour être mis dans des caissettes à claire-voie. Cependant, les tentatives ne sont pas concluantes et les fruits arrivent en mauvais état en métropole.

Au cours des années 1950, un champignon commet des ravages parmi les bananiers de la variété Gros-Michel : cette infection est appelée communément  « maladie de Panama ». Or, la Gros-Michel est la principale variété cultivée.

À travers le monde, et aux Antilles en particulier, les producteurs décident alors de convertir leurs bananeraies en adoptant une nouvelle variété, la Cavendish. Cette dernière présente l’avantage de résister à la maladie. Mais, en contre-partie, elle s’avère plus fragile, notamment lors de l’étape du transport. L’emballage du régime entier est contre-indiqué pour la Cavendish. Cela conduit les producteurs à abandonner cette méthode et à s’intéresser à un nouveau conditionnement : le carton.

Il s’agit d’un véritable bouleversement des pratiques dans les stations d’emballage également appelés centres d’empotage, proches des plantations. Une série de tâches nouvelles contribuant à améliorer la qualité du fruit voient le jour. Il faut d’abord découper le régime en mains, c’est le dépattage. Les bouquets de fruits sont ensuite lavés, triés et conditionnés dans les nouveaux cartons garnis de plastique. Ils présentent une contenance d’environ 20 kg.

L’introduction du nouveau conditionnement est rapide, avec un tournant fort en 1962. Ainsi, en 1961, la Martinique conditionne 13 % de sa production en cartons, contre 98 % en 1965. Au cours de la même période, la Guadeloupe passe de 4 % à 90 %.

Un atout pour le transport maritime

Le passage au carton va se répercuter sur le transport maritime. Les anciens navires bananiers inadaptés sont remplacés par une nouvelle flotte de polythermes polyvalents. Les ports de Martinique et de Guadeloupe s’équipent par conséquent de terminaux bananiers. Les cortèges de porteuses, les gabarres et les échafaudages de bois des dockers sont remplacés par des transrouleurs et des norias acheminant les cartons dans les cales réfrigérées. La durée de chargement reste la même mais l’opération mobilise moins de main-d’œuvre. Offrant un gain de place significatif dans les cales, les cartons sont aussi plus faciles à manipuler que les régimes grâce aux outils mécaniques de manutention.

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