La banane transportée en régime

Jusque dans les années 60, la banane est transportée en régimes entiers depuis les plantations jusqu’aux mûrisseries où les régimes sont découpés et conditionnés.

Hangar d'emballage des régimes

Emballage de régimes entiers de bananes aux Antilles. Stockage avant transport / J. Ammann @ CIRAD, Gallica

Protéger un fruit fragile

La banane se caractérise par sa grande fragilité. Sensible aux chocs et aux variations de température, sa durée de vie est limitée dès que le processus de mûrissage est enclenché. Elle exige donc un conditionnement adapté, y compris lorsqu’elle reste attachée à son régime. Les objectifs fixés aux anciens emballages sont d’éviter le détachement des mains de bananes et d’assurer une protection des fruits contre les grattages et les écorchures. Le conditionnement s’effectue au sein des exploitations ou dans des hangars spécifiques dispersés sur chaque île.

Emballage canarien en Guadeloupe @ Fonds UGPBAN

L’emballage canarien

Selon les variétés, l’emballage n’est pas le même. Ainsi, la Gros-Michel, qui supporte mieux les chocs, est transportée en vrac, soit « nue », soit avec une gaine de protection. Dans le deuxième cas, les régimes en vrac sont simplement enroulés dans une couche de paille. Afin de former un colis rigide, ils sont enveloppés de papier kraft et ficelés ; des taquets sont placés à chaque extrémité. Cette technique, dite « emballage canarien », a le mérite de réduire le coût, le poids, le volume et le temps d’emballage. La manutention en est ainsi facilitée. Apparu vers 1932, l’emballage canarien ne va cesser de se développer pour devenir l’emballage le plus répandu.

Emballage des régimes

Emballage canarien @ Fonds UGPBAN

Les autres conditionnements

Plus fragiles, les autres variétés (comme la Petite Naine) doivent impérativement être emballées. Deux régimes, placés tête bêche, sont placés dans une caisse à claire-voie. Il peut y avoir jusqu’à 4 régimes (max 45 kg) qui sont isolés les uns des autres et des parois de la caisse. La caisse est ensuite clouée puis serrée par deux fils de fer. Ce conditionnement présente un  double inconvénient. D’abord il nécessite d’importer le bois pour fabriquer les caisses. De plus, un régime emballé occupe deux fois plus de place qu’un régime nu dans la cale du bateau. Cette technique se révèle vite fastidieuse et onéreuse.

Il existe un autre type d’emballage : le cadre, à mi-chemin entre la caisse et le vrac. Il s’agit de vastes cadres à planchers mobiles sur lesquels on dispose un rang de régimes.

Dans tous les emballages, les régimes sont calés avec de la paille (de banane, de canne ou d’avoine) et du papier kraft que l’on tasse fortement. En hiver, pour les protéger du froid, les régimes sont entourés d’ouate.

caisse à claire-voie
Emballage d’un régime dans une caisse à claire-voie aux Canaries @ CIRAD, Gallica

L’identification des régimes

Chaque colis doit pouvoir être identifié par plusieurs descripteurs rendus obligatoires par un décret de 1938 : la marque du producteur ou du groupement de producteurs, l’indication de la variété, le poids net de chaque régime et la catégorie  (A, B ou C). Ces indications sont également reportées sur chaque régime. Pour les régimes transportés nus, les indications sont inscrites sur une fiche attachée à la hampe du régime.

Vers 1962, le transport des régimes disparaît avec l’arrivée du carton. Désormais les régimes sont coupés dans les plantations. C’est une véritable révolution tant en matière de réduction du coût de l’emballage que de l’amélioration de la qualité des bananes mieux protégées. Cette mutation du conditionnement accompagne un changement variétal avec le passage de la Gros-Michel décimée par la maladie de Panama à la Cavendish actuelle.

Chargement de régimes entiers nus aux Antilles, anonyme @ CIRAD, Gallica

 

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