Jacques Chirac, la banane et l’Europe

Durant ses mandats présidentiels, Jacques Chirac a régulièrement démontré aux territoires d’Outre-Mer les bienfaits de l’Europe, en particulier pour les filières agricoles.

Le poids de l’Europe

Jacques Chirac n’a pas toujours été un défenseur de l’Europe. En 1979, il reprochait à l’Europe « mollusque » son impuissance. Cependant, constatant la montée en puissance des institutions européennes, il va évoluer progressivement. Et lorsque le traité de Maastricht fonde l’Union européenne en 1992, il rallie la cause européenne. Dès lors, au cours de ses voyages dans les Outre-mer, il va souvent rappeler combien les aides européennes sont vitales pour les économies ultramarines. Ainsi, en mars 1996, à l’occasion d’un déplacement à la Réunion, il cite le soutien financier de l’Europe aux agricultures ultramarines :

 « Un programme européen spécial, le Poséidom, apporte des réponses adaptées à vos handicaps économiques structurels. Aux problèmes de la banane, du sucre, du rhum, l’Europe a imaginé des solutions qui doivent être confortées, améliorées, mais qui vont dans le sens de vos intérêts. Il nous appartient de veiller ensemble à leur défense. Sachez que ma volonté, dans ces domaines, ne se relâchera pas. »

Le président Chirac milite pour une constitution européenne

Le 29 mai 2005, les Français sont invités à se prononcer, lors d’un référendum, sur le projet d’une constitution européenne. Jacques Chirac, président de la République et chef de l’UMP, milite activement en faveur du oui. Quelques jours avant le vote, il est invité sur le réseau France Outre-mer à démontrer aux Ultramarins l’importance de l’adoption de la Constitution européenne pour les départements et les territoires d’Outre-mer.

« Parce que l’Europe par les valeurs qu’elle véhicule, qu’elle reconnaît dans sa Constitution, par l’aide qu’elle apporte à l’outre-mer, est un élément déterminant de l’évolution de la vie de nos compatriotes d’outre-mer et de leurs enfants. Ils sont peut-être, plus que d’autres encore, intéressés. Vous savez, l’ensemble des grands équipements, des grands projets de développement outre-mer sont financés à peu près pour 50% par l’Europe. Si aujourd’hui, nous avons encore une agriculture outre-mer, notamment dans le domaine de la banane, dans le domaine de la filière canne-sucre-rhum, c’est pour l’essentiel grâce aux aides européennes. Donc, tout ceci a une importance capitale. Il est indispensable que la France notamment, puisse avoir demain en Europe le poids nécessaire pour défendre à la fois les intérêts et les valeurs de nos compatriotes d’outre-mer. Elle ne l’aura naturellement que si elle participe à la construction européenne. Elle les perdra évidemment si elle répond « non ». […] Les intérêts de nos producteurs, je pense en particulier, aux producteurs de sucre ou aux producteurs de banane, sont étroitement liés à la capacité que la France aura, demain, à défendre ses intérêts dans l’Europe. Avec la Constitution, la France voit son poids renforcé, les six pays fondateurs qui sont toujours d’accord et notamment, traditionnellement sur les problèmes d’outre-mer de la France, représentent, à eux seuls, la moitié des voix pratiquement, ce qui est un progrès très important par rapport à la situation actuelle, et donc la France aura la possibilité de défendre. »

Bananeraie en Guadeloupe
Bananeraie en Guadeloupe ©Guillaume Aricique

Pour Jacques Chirac, une constitution européenne fixerait officiellement le statut et les droits des régions ultrapériphériques. Pour les producteurs de bananes, c’est l’assurance de ne plus voir leur système d’aides remis en cause par les états membres qui n’ont pas de régions ultrapériphériques.

En Martinique et en Guadeloupe, le oui l’emporte largement. Mais cela ne sera pas suffisant puisqu’à l’échelon national, les Français rejettent le projet de constitution montrant ainsi leur opposition à une Europe qu’ils jugent alors technocrate et libérale.

Rendez-vous la semaine prochaine pour notre dernier article consacré à Jacques Chirac !

 

 

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