Le déchargement des bananes

Partons à la découverte du déchargement des régimes des bananes à l’aide des norias, dans les années 50.

Déchargement norias
Déchargement d’un bananier à l’aide de norias, port de Dieppe @fonds UGPBAN

Le déchargement des régimes de bananes constitue une opération complexe et minutieuse, car il est nécessaire de protéger cette marchandise fragile. Rappelons que la banane est non seulement sensible aux chocs, mais mûrit rapidement.

Les norias

Pour opérer efficacement, différents équipements sont nécessaires. Tout d’abord, le port doit être en capacité de décharger le plus rapidement possible les navires dès leur arrivée. Pour cela, il lui faut disposer d’un linéaire de quais suffisant munis d’équipements de déchargements pour accueillir plusieurs navires. Ces équipements sont des norias. Il s’agit de grandes poches en textile dans lesquelles les régimes de bananes sont hissés à l’aide d’un tapis roulant à godets ou à poches. La noria descend vide dans la cale et remonte chargée de régimes qu’elle achemine dans les entrepôts sans les abimer.

La noria présente plusieurs avantages. Le tapis roulant est abrité par la poche textile qui protège les fruits des intempéries. Dans ce couloir déployé de la cale à l’entrepôt, les régimes sont assurés de ne pas souffrir de l’humidité de la pluie. Le tapis roulant évite également les chocs et les à-coups qui pourraient endommager les bananes.

Les hangars à bananes

Entrepôt de réception des bananes, port du Havre @ fonds UGPBAN

Les régimes sont emmenés dans un hangar isotherme chauffé à 12°. Ces bâtiments sont immenses : le hangar du Levant à Dieppe mesure 220 m de long ; à Nantes, le hangar à bananes atteint 150 m. Là, les dockers récupèrent les régimes. Les bananes sont ensuite rigoureusement triées et rangées. Des centaines de piles de régimes, représentant les multiples marques et contremarques, s’étalent sur le sol.

Les régimes sont ensuite chargés sur des camions et des wagons en vue de leur expédition vers les mûrisseries et les grossistes.

Dans les années 50, 2 jours sont nécessaires pour décharger un navire de 1 300 tonnes. À titre de comparaison, il faut actuellement à peine plus de deux heures pour décharger la même quantité de fruits, sachant qu’un portique à conteneurs manœuvre en moyenne 540 tonnes par heure, soit 25 conteneurs remplis chacun de 1080 cartons de 20 kilos.

Le déchargement par norias va disparaître à partir de 1965 avec l’apparition des cartons et de la palettisation.

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Déchargement de bananiers par norias, port de Dieppe @ fonds UGPBAN

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