L’agriculture bio pour l’environnement et la santé

En quelques années, la vague du bio a envahi les magasins et nos assiettes. Mais de quoi parle-t-on précisément ? Décryptons les fondements de l’agriculture biologique.

Agriculture biologique
Agriculture biologique @ UGPBAN

Qu’est-ce que l’agriculture biologique ?

L’agriculture biologique s’oppose à l’agriculture conventionnelle qui, tout au long du 20e siècle, a encouragé le recours aux produits chimiques de synthèse (pesticides, herbicides et fongicides) afin d’augmenter la productivité agricole. Face à cette tendance, l’agriculture biologique interdit l’usage desdits produits chimiques.

L’agriculture biologique a donc instauré des méthodes alternatives pour remplacer les produits phytosanitaires. Cela passe principalement par la prévention pour éviter les dommages aux cultures causés par les ravageurs, les maladies et les mauvaises herbes. Pour y parvenir, l’agriculture biologique privilégie :

  • des variétés de semences résistantes aux maladies ;
  • des techniques culturales spécifiques : rotation des cultures pour assainir et enrichir les sols, techniques mécaniques pour lutter contre les mauvaises herbes (fauchage mécanique, paillage, plantes de couvertures qui empêchent l’apparition des mauvaises herbes, etc.) ;
  • des alternatives biologiques pour lutter contre les organismes nuisibles, notamment en favorisant la présence d’insectes prédateurs (coccinelles, oiseaux, etc.) ou la présence de pièges à phéromones.

Ce n’est qu’en cas de menace avérée pour une culture, qu’un produit de traitement phytopharmaceutique peut être utilisé. Ces produits d’origine naturelle doivent être autorisés par le règlement européen encadrant l’agriculture biologique et bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché délivrée par l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

Au final, si les méthodes alternatives employées en agriculture biologique sont plus respectueuses de l’environnement, elles s’avèrent parfois moins efficaces pour protéger les cultures ou stimuler leur croissance. Résultat, l’agriculture biologique a un rendement plus faible que la production conventionnelle. C’est l’une des causes du coût plus élevé des produits bio.

Les grandes étapes de l’agriculture bio

En l’espace d’un siècle, l’agriculture bio est progressivement passée d’une position marginale à une question centrale de société.

Dans les années 1920, l’agriculture biologique naît d’une multitude d’initiatives d’agronomes, de médecins, d’agriculteurs et de consommateurs s’opposant à l’agriculture moderne qui se développe sur la chimie. Ces nouveaux courants de pensées reposent sur des principes éthiques et écologiques et initient un mode alternatif de production agricole qui reste longtemps isolé.

Au tournant des années 70, l’idéologie soixante-huitarde, la résistance à la société de consommation, la prise de conscience des limites des ressources de la planète et la crise pétrolière entraînent un premier essor de l’agriculture biologique. Peu après, les pouvoirs publics reconnaissent l’existence d’une « agriculture n’utilisant pas de produits chimiques, ni pesticides de synthèse » dans le cadre de la loi d’orientation agricole de juillet 1980. En mars 1985, cette agriculture alternative est officiellement baptisée « agriculture biologique », permettant l’homologation à l’échelon national de cahiers des charges, avec l’apparition du logo AB.

Logo AB

Le bio est sorti de sa niche

Aujourd’hui, le bio est partout. Ainsi, en 2018, plus de 9 Français sur 10 déclarent avoir consommé des produits biologiques et près des ¾ consomment bio régulièrement (au moins une fois par mois). 12 % en consomment même tous les jours ! Plusieurs facteurs expliquent le succès du bio :

  • Le souci de préserver la planète à l’heure où le dérèglement climatique s’impose à tous. En effet, l’agriculture biologique contribue à préserver l’environnement, la qualité des sols, les ressources en eau, et favorise la biodiversité.
  • Les consommateurs veulent préserver leur santé en consommant des produits sains non contaminés par des produits chimiques de synthèse. Ils considèrent également que les produits bio sont de meilleure qualité nutritionnelle.
  • L’agriculture biologique est souvent locale et propose des produits de saison. Elle contribue ainsi à favoriser l’agriculture de proximité et les emplois locaux.
  • Dernier argument avancé par les consommateurs : sur le plan culinaire, les produits issus de l’agriculture bio ont un meilleur goût, en raison d’une culture moins industrielle.

Parmi les produits agricoles biologiques les plus consommés, figure la banane. Dans un prochain article, nous reviendrons plus spécialement sur le marché de la banane bio et l’entrée de la banane des Antilles dans cette nouvelle voie.

Agriculture biologique
L’agriculture biologique au cœur des terroirs @ UGPBAN

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