Les porteuses de régimes

Longtemps, aux Antilles, ce sont les femmes qui ont transporté les régimes de bananes jusqu’aux bateaux. Découvrons-les.

porteuses de régimes

Embarquement de bananes au port de Pointe-à-Pitre @Fonds d’archives UGPBAN

Les ouvrières des quais

Avant l’arrivée des porte-conteneurs et de l’automatisation, le travail dans les ports nécessitait une main-d’œuvre importante. En Guadeloupe et en Martinique, l’expédition hebdomadaire des bananes destinées à l’Hexagone entraînait une forte activité qui avait sa propre spécificité, la présence des femmes. Ainsi, dans les ports de Fort-de-France et de Pointe-à-Pitre, il était habituel de voir de longs défilés de femmes portant sur la tête des régimes entiers de bananes. Ces femmes apportaient aux dockers présents sur les bateaux les régimes fraîchement cueillis. Les hommes se chargeaient ensuite d’entreposer les régimes dans les cales.
Une répartition des tâches entre les deux sexes bien établie. Les femmes sur le quai, les hommes à bord du bateau. Dans les deux cas, un travail physique intense pour porter des régimes pesant entre 20 et 40 kg.

La femme Potomitan

On sait peu de choses sur ces dockers au féminin. Appelée Potomitan en créole, la femme antillaise était considérée comme le pilier de la famille. Elle nourrissait ses enfants et les éduquait. Cependant, son action ne se limitait pas à la sphère privée. Elle pourvoyait aussi à leurs besoins par son travail qui complétait ou remplaçait celui du père. C’est dans ce contexte que certaines sont devenues porteuses de régimes sur les quais. Habitude exclusivement féminine aux Antilles, le port sur la tête réclamait force et dextérité de la part des femmes. Cet usage constituerait, pour certains observateurs, une survivance des habitudes africaines pour les descendantes des esclaves du XIXe siècle. La pratique du port sur la tête se retrouvait d’ailleurs dans d’autres circonstances de la vie quotidienne des femmes, notamment lorsqu’elles allaient ou revenaient du marché avec des marchandises variées.

Les porteuses de régimes @ Fonds d’archives UGPBAN

Les porteuses de régimes ont disparu vers 1965 lorsque les cartons de bananes ont remplacé les régimes. L’automatisation a pris le relais, tandis que les femmes ont dû trouver de nouveaux moyens de gagner leur vie.

Nous sommes à la recherche de témoignages de femmes ayant travaillé au portage des bananes dans les ports. N’hésitez pas à nous contacter ici si vous connaissez une personne qui pourrait témoigner.

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