Les origines préhistoriques du bananier

Le 15 octobre 2018 était la journée internationale du fossile. C’est l’occasion de se pencher sur les origines de la banane qui remontent à la préhistoire.

Fossiles de végétaux. Crédits : Adobe Stock
Fossiles de végétaux. Crédits : Adobe Stock

Sur les traces des bananes fossilisées

La plus ancienne trace fossile d’un bananier a été découverte en Inde et date … de plus de 50 millions d’années ! Apparentée au lys et à l’orchidée, cette plante géante serait, selon de nombreux botanistes, originaire d’Asie du Sud-est et plus précisément de Malaisie.  À cette époque, la banane est loin de ressembler au fruit que l’on connait aujourd’hui : sa taille ne dépasse pas les 8 cm et elle est composée en grande majorité de graines, la rendant peu comestible.

Cependant, trouver des traces précises de l’évolution du bananier n’est pas chose facile. Il existe peu de fossiles et il est parfois difficile de distinguer précisément les plantes fossilisées. En effet, les feuilles de différentes plantes endémiques des régions tropicales sont parfois assez semblables. De plus, la faible quantité de fossiles retrouvés ne facilite pas le travail de datation des paléobotanistes.

L’Asie du Sud-ouest, berceau des premiers bananiers sauvages

Les nombreux travaux des de Candolle, célèbre famille de botanistes suisses, permettent d’affirmer, dès le XIX° siècle, que le berceau natal des bananiers est la partie méridionale de l’Asie.  « Le bananier offre dans le midi de l’Asie un nombre de variétés immenses ; la culture de ces variétés remonte dans l’Inde, la Chine, dans l’archipel Indien, à une époque impossible à apprécier. Tout cela indique une ancienneté prodigieuse de culture, par conséquent une existence primitive en Asie».  Le professeur en biologie et botanique, Auguste Chevalier vient renforcer, en 1925, l’idée que la banane est originaire d’Asie orientale, de Malaisie et des îles du Pacifique. La présence de bananiers à l’état sauvage dans cette région du globe (ce qui n’est pas le cas en Afrique et en Amérique du sud) le prouve également.  De fait, la grande diversité de bananiers présente encore aujourd’hui suggère que cette zone d’Asie serait le centre d’origine de la famille des Musacées. Cette dernière regroupe 42 espèces de grandes plantes herbacées possédant, comme le bananier,  un pseudo-tronc constitué de feuilles enroulées sur elles-mêmes.  Les bananiers se sont propagés végétativement à travers l’Asie pendant des millions d’années. Ils ont pu le faire car l’Asie du Sud-Est est longtemps resté un vaste et unique ensemble continental.

Banane sauvage avec ses graines. Crédits : Adobe Stock
Banane sauvage avec ses graines. Crédits : Adobe Stock

Les hommes préhistoriques rencontrent le bananier…

L’utilisation du bananier par l’homme se fait au départ dans le cadre de la cueillette. Elle remonte à 55 000 ans lorsqu’Homo sapiens commence à peupler le continent asiatique. C’est en partie grâce aux migrations des hommes préhistoriques à travers l’Asie, que certaines espèces de bananiers sauvages ont été transportées jusqu’en Papouasie Nouvelle-Guinée.  La culture du bananier sauvage par l’homme est bien plus tardive. Les paléobotanistes  établissent le début de la culture du bananier vers  7 000 ans av. J.-C, en Papouasie Nouvelle-Guinée.  Cette région, située à l’est de l’Indonésie et au nord de l’Australie, est ainsi l’un des berceaux de la domestication des plantes par l’homme. Là, la culture de la banane  a démarré au côté du taro, de l’igname et de la canne à sucre.

L'Asie : berceau de la banane. Crédits : UGPBAN
L’Asie : berceau de la banane. Crédits : UGPBAN

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *